FIN D’UNE EPOQUE

Claude Rich est mort.

Max Gallo s’est endormi.

Mais Simone… (oser le dire?) veille, depuis son paradis…

Vieux. “En âge de…”, s’il faut absolument qu’il y en ait un pour tout… donc quelque part, justice et altitude: ordre naturel. On ne dit trop rien, alors,  mais on y pense, quand même ça laisse songeur.

“Un jour on va partir en l’air, et la vie sera…” chantait Souchon. Encore vivant.

C’est sûr, ça se barre, sans retour.

Claude Rich est émouvant, parce que si léger, si “sous ses airs inconsistants” de vieil ado déguigandé et moqueur des Tonton Flingueurs – race des éternels enfants, pas un génie, pas une grande figure, mais quand même une figure. Histrionne, chouïa aristo désinvolte imbu au moins d’un talent… certes, mais on ne sait pas pourquoi, ou si, à cause de tout ça, ça rend triste. Ou juste pour un oeil, un sourire, on ne s’y attendait pas. “Merde!”

Max c’est différent. Max, c’est “pas de belle nécro en évidence dans Libé”.

“WHY?” Ma perché???

Manifestement une réticence médiatique, désir sans réciprocité, soif de reconnaissance, du CAP de mécano à l’habit vert… Max émeut, et fait la transition avec Simone. Parce que Max renverse le jeu, “Il est liiiiibre…”… Max, de gauche à droite, porte parole gouvernemental sous un président qu’il qualifiera à sa mort de ” stratège de son propre plaisir” (cf nécro du Monde).

On garde la citation. Et on garde Max, en tête et au coeur, quand il s’agit donc de se rappeler la liberté totale d’être, la force de la volonté, le choix de son destin – hugolien. Victor, dont on sentait l’influence dans le lyrisme un peu excessif parfois de son style. Mais peu importe au fond, quand ce lyrisme là n’est que le débordement d’une volonté et d’un courage farouches, inébranlables. Alors des fois ça déborde, ça vient des origines, forcément, ça exagère, ça déporte le jugement… personne n’est parfait. Mais reste le modèle, surtout moral, dont on a besoin, au delà des opinions sur l’identité et le roman national… un fils d’immigré italien, CAP de mécano, puis tout le reste à bout de bras d’Atlante: bac, agreg’ d’histoire, enseignant à Science Po, romancier historien, un peu historique. Un uppercut dans les tripes molles et les découragements faciles.

Enfin, Max lu sous le bon angle, à tous ceux (nombreux) qui en ont tant besoin: si ce n’est un modèle, du moins un espoir.

Puis Simone Jacob, au delà du modèle et de l’espoir.

Preuve que l’uppercut moral d’un petit bout de femme peut-être plus puissant que celui d’un géant d’origine piémontaise d’1,93m.

On en est là. Simone, “humblement fière”, ce qui peut sembler un paradoxe, et pourtant c’est ça.Capture d_écran 2017-07-24 à 12.58.17

Et c’est elle qui pourrait avancer le menton comme Rich le faisait naturellement. C’est elle qui pourrait lancer au siècle, voire au millénaire qui s’entre’ouvre:

“Chiche!?”

Alors se pose la question, ou le problème, des circonstances historiques uniques, prérequis à destins uniques. Sans les unes, pas les autres.

Quelque part donc “pourvu qu’il ne puisse plus jamais y avoir de Simone”.

Mais immédiatement quelque chose  nous dit qu’il y en aura.

Fin d’une époque, mais pas de l’Histoire. Pas la fin des catastrophes d’où surgiront nécessairement des résistants, des résistantes.

Simone & Co nous abandonnent là, ils nous refilent le bébé: un monde dans les bras.

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Plus complexe, plus insidueusement dangereux que celui qui les vit naître.

Infiniment plus dangereux, même, par le fait que les “plus jamais ça” du siècle passé nous le présentent comme un enfer indépassable dans l’horreur humaine.

Or on peut toujours faire mieux.

Violence tantôt explosives, ou sourde, mais constante, implacable, moins évidente qu’une invasion de la Pologne. Dictatures tentaculaires, courants aux ramifications multiples, ennemies des uns, amies des autres, pensées, modèles économiques, technologiques qui ont toutes, aussi divergentes qu’elles paraissent, certains traits communs: absence de résistance critique de l’individu qu’elles attrapent, inéluctable mise en branle, aveuglement sur le fait qu’un modèle opposant ou alternatif (Avant garde progressistes ou résistantes) puisse avoir une chance. Obnubilées par leur propre certitude à devoir l’emporter.

C’est la fin d’une époque qui va nous paraître de plus en plus simple, qui avec le temps, nous fera peut-être dire “c’était le bon temps” – des conflits planétaires carrés, faciles. Presque grossiers, gamins.

Pas besoin d’Edgar Morin pour sentir que cette complexité actuelle est d’un genre nouveau, à aborder avec une finesse de pensée, d’évolution dont l’espèce humaine n’est peut-être pas encore capable – le sera-t-elle jamais?

Comme avant toute épreuve ou cataclysme, et sans surjouer les Cassandres: s’il fallait parfois avoir davantage peur de l’insouciance que du cataclysme devant lequel elle jette ses paillettes tactiles… tragique légèreté, fatale dérobade.

« La meilleure politique tente de lutter contre la destruction que la science porte en elle, et contre la violence que l’humanité porte en elle »

André Malraux, Antimémoires III,3 (Pléïade, p262)

 

 

PARDONNER LA CONNERIE

C’était l’histoire d’un mec… qui a fait que cette semaine n’a que 4 jours de boulot. Un mec un peu bizarre mais qui a dû quand même bien exister, même si c’était il y a longtemps.

Un mec qui serait bien étonné s’il savait qu’en souvenir de sa mort et de sa résurrection (hypothétique) un paquet de gens sur cette boule bleue se baffrent chaque année de chocolats,  jusqu’à la crise de foie. Masquant l’autre, celle de foi, qui n’est même plus en crise (pour être en crise, encore faut-il exister)…

Alors malgré le Doute, on peut quand même être sûr d’une chose: quelque part, un jour de printemps, vaguement nuageux même au Proche Orient, un mec, celui-ci, un mec bien (même si c’était rare comme aujourd’hui) a dit un truc à des types qui lui enfonçaient des clous dans les paumes, les pieds etc. sinon ça tombe (de la structure en T qui n’était pas une croix en réalité historique)…

“Mon père, pardonne leur, il ne savent pas ce qu’ils font”.

En bien meilleure posture que ce type, un individu de sexe féminin part pour sa semaine de 4 jours, l’estomac plutôt en bon ordre pour un lendemain de Pâques, l’esprit, cependant, lourd de déceptions mal digérées, ou pressentiment de celles à venir. Ne jamais trop espérer.IMG_9043

Arrivée à la hauteur d’un bistrot bien connu du quartier et sur lequel le regard aime toujours à s’attarder, comme pour se rassurer que la vie continue, puisqu’il est bien là, qu’il y a transmission, continuité, que modernité ne signifie pas tabula rasa, qu’il y a bonne cohabitation entre héritage et avenir… Tout à coup: arrimés à la façade du bistrot comme les centurions en train de clouer, mais cette fois pour déboulonner… Avec stupéfaction, horreur puis indignation, elle lit (au dessus du bandeau en capitales rondes années 30 :”TRANSPORTS- AU BOUGNAT” mais il n’est déjà plus) l’affichage officiel,  en plus petit comme s’il en avait honte et qui seul subsistera avant autodestruction:

PERMIS DE DÉMOLIR

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Démolir.

Ou pardonner.

Deux tentations.

Respirer.

Injurier.

Mots inoffensifs. “Connards!” Ignares.

“Pardonne leur (on se le dit à soi même plus qu’à son père d’ailleurs) ils ne savent pas ce qu’il font”.

Élévation, sentiment d’altitude, on reprend le dessus.

Déjà, ça va un peu mieux. Phrase évangélique tellement efficace pour tuer dans l’oeuf pascal la si désagréable sensation de haine et de rancoeur montante. Être bon: mansuétude, intelligence, uniquement par égoïsme: à quoi bon vouloir la bagarre, laisser se déchaîner le mal engendré par le mal? Irénisme. Angélisme? La haine suinte comme une blessure mal cicatrisée, le mal fait mal, alors: libérer, pardonner, vraiment égoïstement, ne pas haïr au lieu de détester, continuer à croire, pas en Lui, mais en eux, les déboulonneurs de tout poils, les sapeurs d’espoir et de poutres années 30, les auteurs maladroits de mauvais messages ou d’actions. Continuer à croire aux hommes, par delà leur inconscience:

“Ils ne savent pas ce qu’ils font”… C’est tout con.

Savoir Ce mal surtout qu’il font. Bête, pas méchants: différence de conscience. Loin de se douter de la portée de leur geste, ou du geste qu’il ne font pas, qui serait le bon.

Pas conscience, pas de conscience. Aucune alerte en eux ne se met à tinter: faire du mal sans le savoir. Pas méchants, pas sciemment: nocifs, seulement. Ne se posent pas de question, ou refusent de se la poser. La bonne. Celle des conséquences, du bien ou du mal, de la souffrance, ou de la perte causée, aux autres, à la société.

Et le Bougnat est loin derrière ces mots, mais l’Auvergnat n’en finit pas de pleurer. Larmes de sang du Christ, pas pour lui, mais pour l’humanité. Bêtise inconsciente qui pourrait faire tout basculer dans le bonheur, il suffirait d’un rien, d’un homme qui dit “non”, ouvre les yeux, retient son geste, fait le bon, si facile. Celui qui fait du bien pour des minutes ou des siècles.  Idem.

L’Auvergnate, la femme du bistrot, celle qui était amoureuse secrètement du bougnat qui n’a pas osé et qui s’est juste effacé pour ne pas casser la gueule à ce gros dégueulasse qui ne la rendait pas heureuse… L’Auvergnate pleure sa devanture toute mouillée par la pluie des lendemains de cloches un peu tristes. Comme il ne savait pas ce qu’il ne faisait pas, elle l’a laissé partir en silence, sans même qu’il s’aperçoive de sa propre disparition, ce con. Cet inconscient. Cette petite nature effarouchés par l’enjeu trop grand de la vie et des actes qu’elle nous tend, comme des mains, pour qu’on les prennent, pour qu’on comprennent.

Mais le bougnat est parti, il s’est débiné, on l’a démonté, on a descendu un corps de l’endroit où on l’avait cloué et avec le sentiment de la bonne conscience soigneusement évitée, on s’est demandé maintenant où on irait bien boire un coup, où on irait l’embrasser, où on irait l’écouter lui sourire, l’admirer et se chauffer à sa bonne parole, de bon petit vin et d’amour donné pour nous, maintenant qu’il n’y est plus.

?

Et l’Auvergnate et Marie de Magdala et la passante pleurent sans faire de bruit — on a beau leur parler de résurrections, elle n’y croient pas beaucoup.

Reste le pardon.

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Nom d’un HUMANOÏDE…!

“Le terme Humanoïde signifie

liste_Lhomme-qui-marche-l-_5009 “ressemblant à l’humain” (du latin “humanus” + suffixe grec -oid : comme)”

La définition de Wikipédia précise: ” Il évoque la bipédie, la présence de deux bras et d’une tête. Il s’agit donc uniquement d’un critère phénotypique (ici concernant l’apparence) et plus précisément morphologique (le corps)

“Bipédie” fait référence aux jambes.

 “Bras” font référence aux organes oblongs et plus ou moins musculeux prolongeant les épaules, se terminant (habituellement) par des cartilages onguleux appelés mains, le tout appelé “jambes antérieures” et “pieds” –  chez les chevaux.

“Tête”fait référence à une construction plus ou moins ronde posée en haut de la structure. La définition ne précise pas de quelle tête il s’agit.

Pleine, vide, de noeuds, ou de noix. Belle ou légèrement inquiétante, qu’on dit parfois “sale”, même après la douche. Bref, une tête, vaguement, pensante parfois, présente quoi que toujours un peu effrayante, en tout cas.

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Statue XIVè s av JC. Déesse Sekhmet “la Puissante”.

En ces temps bizarres, de déluge (d’eau, d’informations, d’idées, de création, de violence et de connerie- ou de manque d’instruction, de malêtre, d’ignorance etc. etc. synonymes  propres à l’espèce) il y a parfois de quoi douter de la définition humaine. De la qualité de sa définition: ça sent le flou. La pixélisation à outrance, pour masquer les défauts, les rides, l’horreur, un peu vulgaire. Bon.

Plus tard, on ne sait pas quand, mais les scientifiques surtout nippons en sont assurés: il y aura mutation. Fin de l’homo sapiens. Par défaut ou débordement, donc, de sapience, de science quoi.

Donc notre seule certitude: “Humanoïdes”, déjà ça.

Tous les jours, dans le métro, sur les murs ou les sièges, dans l’eau des piscines, gentils baigneurs ressemblant pour le coup à ce qu’ils sont, réduits au strict minimum de la chair, flottants, pas encore volants, pas toujours l’air aussi vainqueurs que l’idéal l’exigerait… astro-_n857uaVFin1rnewcso2_400Egaux

en droit. Originaux, ou pâles copies de ce qu’on attendait d’eux.FH-plantu_2016-02-23-3581a11-14866-5f81q4_f7ce1ab865663a29353e4d9743a4a7b7

 Espoirs déçus. Personnes qui ne sont que personnages, persona, en latin “rôle, masque de théâtre ” politique. Personnes qui ne sont personne, contrairement à quelqu’un, quand il y a. Humanoïdes (pas trop) humains… enfin.

Mieux que rien.

?

Petit pantins aux noms de famille rigolos, pour ne pas broyer du noir à force de réalisme, tour d’horizon, grapillés ici et là, ils s’appellent (véridique):

” Mme BOULEPIQUANTE

M. SANSOUCY

M. MOUILLEFARINE

Mlle CHICHEPORTICHE

Mme MANGEMATIN…”

Alors bien sûr il y a aussi l’humanoïde

M. LAMORT

une nuit plaqué d’un coup de coeur de

Mlle MARANT

pour l’indispensable

M. LAMOUR…

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Le Maître du Temps.

Il a une fine barbe blanche comme un dieu, comme un vieux sage, les ailes et le crâne d’un ange et d’un nourisson. Il nous attend à la fin du Temps, du nôtre. De celui du petit Nemo, Little Nemo, héros de la bande dessinée de Winsor McCay, qui le rencontre par hasard sur le chemin de Slumberland, le pays des songes. Voyage au bout du temps, au bout de la vie, horrifié non pas de lui, du Maître, mais de lui-même, enfant, se découvrant vieux. Pauvre petit Nemo, un cauchemar comme un autre. Ou presque.

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Le Maître du Temps, ou Father Time, Père temps, est un sacré collectionneur: de calendriers, d’éphémérides, de cases d’années et de jours où les prisonniers, les enfants et les amoureux font des croix pour se rapprocher du cadeau, de la libération, de celui ou de celle qui doit rentrer de voyage.

“Quand il fut arrivé dans la maison de Père Temps, Little Nemo découvrit la façon dont les années étaient numérotées et la manière dont chaque nombre influait sur lui…”

Dans une case rouge, on remarque que le Père Temps porte aussi une faux. Et le sol de la maison du Temps a de grosses écailles changeant de couleur- psychédélique.

Le jeu est excitant, car Little Nemo, comme beaucoup d’enfants, veut grandir, ou plutôt, “être Grand” ce qui n’est pas nécessairement la même chose. Il lui suffit de toucher un nombre pour en avoir l’âge. 25 ans le réjouit: “ Je suis un homme maintenant, Ha!Ha! Je me sens bien!” Et Père Temps qui est un vicieux: “Tu as 25 ans, oui. Mais je peux te faire vieillir, qu’en dis-tu?” Il ouvre alors la case 1948 : Little Nemo a 48 ans, un gros ventre et plus de cheveux ; le jeu commence à le lasser, il se fâche:”Non! ça suffit! Je ne veux plus de tout ça, non! Non! Arrêtez!”

Nemo redevient un petit garçon de six ans.

Alors Maître Temps lui expliqua qu’il devait s’absenter une minute, et recommanda à Nemo d’être un gentil garçon jusqu’à son retour. Nemo est un gentil  garçon, mais aussi un sacré petit curieux. Alors quand il se retrouva seul dans cet étrange endroit, il fit ce que nous aurions probablement également fait: il étancha sa curiosité. Sa connaissance limitée de l’arithmétique, à ce que l’on peut supposer, fut principalement la cause de son erreur. Il se retrouva plus que diminué. Complètement foutu. Ses efforts pour hurler d’une voix faible faisaient pitié: ‘ Oh, Père Temps! Où êtes-vous?! Oh, venez! Faites-moi redevenir un petit garçon! Oh, faites-le! Oh! Oh!’ Mais sa maman l’entendit, et selon elle, aussi tout le voisinage…”

Enfin, l’épisode se clôt par cet échange au pathos terrible:

“Nemo: Suis-je un vieil homme? Oh maman! Oh! Oh! Maman!!

  La mère de Nemo: Non Non, tout va bien Chéri, maman est là… Ce n’était qu’un rêve, Nemo…”

La vision de Nemo implorant la fin du cauchemar en 1999 sur une planete lunaire, dans le vide intesidéral noir et étoilé, fait penser à un Petit Prince déchu qui aurait encore plus mal tourné que dans le conte de St Ex. Moins romantique: réalisme plus effroyable de l’âge.

Pas très folichon? Et pourtant…

Est-ce parce qu’il fait mauvais temps, ou que le temps se déchaîne sur nous que l’on pense  à lui, au Temps, celui qui passe avec les nuages?

Et pourtant… on est toujours le jeune ou le vieux d’un autre… Il paraîtrait que l’âge  c’est dans la tête, et qu’on a tous les âges en soi, comme toutes les humeurs, selon les jours et l’éclairage. Il paraît même qu’on peut rajeunir car il n’est pas prouvé à ce point que la connerie soit un destin, comme le chantait Brassens, quand on est con, le lendemain, avec un peu de bol, un peu de sport, de la vitamine ou un ami sympa, on peut se retrouver moins con, plus léger, moins vieux quoi. Qu’on ait 20 ou quatre fois plus. Le Temps peut y faire, surtout quand on comprend qu’il n’existe pas réellement, le temps, merci Albert. Article du Monde, illustration plein d’étoiles sur du noir comme dans Nemo et des universitaires qui commentent la découverte certaine des trous noirs et autres ondes gavitationnelles, confirmations d’Albert.

“Le Temps absolu n’existe pas. Il dépend des vitesses relatives entre observateurs, par exemple. Une horloge qui se déplace affiche un temps qui s’écoule plus lentement qu’une autre immobile”.

???

Partir à la conquête de l’Espace pour devenir à son tour Maître du Temps? Faire tourner les aiguilles plus vite pour qu’elle s’arrêtent? Plonger dans les paradoxes galactiques, se dire qu’on a six ans… pour les avoir Vraiment? Le moyen de contrôler cet empire temporel, “Temps” tout court, quintessence de l’antique suffixe indo-européen qui signifie royaume “Pakis -, Afganis-, Kurdis-, et bien entendu Bu-…” Tous les “tans” du monde et des domaines politiques n’y pourront sans doute rien. Que les aiguilles comme les mains se rattrapent, vite vite vite, doucement doucement doucement pour brouiller toutes les pistes, envoyer les années en l’air:

“Lorsque la main d’un homme

Effleure la main d’une femme

Tous deux touchent à

L’éternité.”

Camus disait qu’il faut imaginer Sisyphe heureux,

S’il fallait juste comprendre Einstein amoureux?

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